10 erreurs à ne pas faire au décollage
 

Introduction

Les dix erreurs qu’on ne voudrait plus jamais voir sur un décollage
Introduction
Nous ne passons pas notre temps à critiquer les décollages que nous voyons. Mais lorsqu’un pilote à décollé, il est rare que nous puissions lui donner des conseils pour améliorer sa technique ou plus important encore à le mettre en sécurité lors de sa pratique l’avenir. C’est pour cette raison que nous avons décidé de lister les dix erreurs les plus fréquentes que nous avons vues.

 

decollage Les Carroz parapente

   
1. Manque de concentration

La première source d’incident est le manque de concentration. Prenez l’habitude de faire votre préparation d’une traite. Faites toujours la même check-list. Ne vous laissez pas distraire durant ce moment crucial qu’est la préparation.
N’hésitez pas à refaire plusieurs fois la vérification de vos points d’encrages et de votre prise de commandes (drisses de freins libres) avant le décollage.
Une fois prêt à décoller, videz votre esprit de tout ce qui pourrait l’encombrer. Ne vous concentrez que sur le moment présent.

 
     

Decollage parapente

  2. Gonfler au mauvais moment

L’aérologie est faite de cycles plus ou moins forts. Ils sont en général relativement réguliers. Avec un peu d’habitude, on peut anticiper l’arrivée d’une petite bouffe le matin ou l’accalmie passagère de la brise l’après-midi.
Observez les herbes ou les branches des arbres et surtout portez votre attention sur les sensations que vous ressentez sur votre visage.
Choisissez toujours le début d’un cycle, afin d’avoir un peu de temps devant vous.
Si les conditions vous paraissent trop fortes, n’hésitez pas à attendre ou même à renoncer.

   
  3. Tracter la voile au gonflage

Les parapentes ont évolués. On est loin des machines des années 80. Avec cette évolution, la gestuelle a changée. Partez tout en douceur, les bras en arrière en cherchant à vous appuyer sur la barrette de poitrine.
Accompagnez votre aile à la montée. Vous devez sentir une tension constante. Si nécessaire, arrêtez-vous et attendez-la. Par vent fort vous pouvez même reculer vers elle afin de ralentir sa montée et ainsi éviter de vous faire doubler.
 Moins vos muscles seront tendus, mieux vous sentirez ce que fait votre aile.

     
4. Pas de recentrage

Si votre aile monte de manière dissymétrique, elle ne reviendra jamais d’elle-même au dessus de votre tête… Même avec les freins. Et cette observation se vérifie d’avantage avec un sol plat.
La seule solution c’est de vous recentrer. C’est à vous d’aller la rejoindre et plus vous réagirez vite, moins l’aile se décentrera.

Essayez de sentir votre aile. En théorie, si vous êtes détendus, vous devriez sentir de quel côté elle vous tire… Ne résistez pas.
  Décollage parapente face à la voile
   
5. Pas de temporisation et donc pas de contrôle visuel

La temporisation sert d’une part à empêcher votre aile de vous doubler et d’autre part à permettre un contrôle visuel de l’ensemble des suspentes. Souvent la précipitation fait que la phase de gonflage se transforme directement en course d’envol.
N’ayez pas peur de marquer une pause. Ralentissez votre course, tenez votre aile aux freins et levez la tête pour vérifier que tout est bien en ordre avant de décoller.  Une fois cette vérification terminée, relevez les mains tout en accélérant.

 
     
Décollage parapente agy   6. Une mauvaise gestion du tangage.

C’est peut-être l’erreur la plus dangereuse. Si vous ne gérez pas le tangage de votre aile, elle peut vous dépasser et donc aller à la fermeture. Et une fermeture asymétrique au moment du décollage peut entrainer un retour à la pente violent.
Comme pour le recentrage, il faut que vous soyez à l’écoute de vos sensations. Prenez l’habitude de toujours savoir où se trouve votre aile par rapport à vous. Une forte traction en signifie que l’aile est bloquée derrière vous. Attendez-là ou relevez légèrement les mains pour lui donner de la vitesse. Si au contraire, vous ne sentez pas ou peu de traction derrière vous, freinez l’aile afin de l’empêcher de vous doubler

   
  7. Une course d’envol sur les talons (pas d’engagement dans la pente)

Ce qui fera avancer votre aile c’est le poids. C’est pour cette raison qu’on parle d’appui ventral. Penchez-vous en avant et allez chercher l’appui sur votre barrette de poitrine. Ainsi vous chargerez votre aile.
Courir sur les talons (sans se pencher en avant) vous rendra la course difficile, mais cela entrainera aussi un risque de déséquilibre arrière lors de la prise en charge de l’aile pouvant faire basculer le pilote en arrière

     
8. Sauter dans la sellette alors que la voile n’a pas sa vitesse de décollage

Cette erreur s’accompagne généralement d’un appui ample sur les commandes… C’est d’ailleurs ce fort coup de frein qui arrache un peu par chance le pilote du plancher des vaches.
Il y a deux dangers. Vous risquez de toucher la planète. Même si les protections dorsales sont efficaces, elles ne sont pas à toute épreuve. Mais surtout, si vous décollez, votre aile sera proche de l’angle de décrochage. Et dans ce cas, on ne parle plus d’une petite chute sans gravité.
Il faut impérativement corriger ce défaut. Maintenir une course longue jusqu’à ce que l’aile vous porte entièrement. Là encore, la solution se trouve dans l’appui ventral. Penché en avant vous ne pourrez plus sauter dans la sellette

  Décollage sur le dos en parapente
   
9. Se retourner du mauvais côté lors d’un gonflage face voile

C’est une erreur qui peut-très dangereuse, car le pilote perd ses repères et le tour de twist peut bloquer les freins (on peut toujours freiner, mais le frein ne remonte pas).
Pour éviter ce désagrément, prenez l’habitude de vous retourner toujours du même côté vers votre aile. Que ce soit pour décoller face à elle ou pour la ramasser après vous être posé. En cas de décollage raté, remettez-vous face à la pente et retournez-vous du côté habituel. Entraînez-vous en pente école, jamais au décollage.
Et si ça vous arrive, ne paniquez pas. Faites des mouvements de ciseaux avec les jambes, ça accélère la rotation. Et surtout usez des freins avec parcimonie. Pas de mouvements de commandes amples.

 
     
Décollage parapente Mieussy   10. Paniquer parce qu’on a décollé avec une petite clé

On a déjà vu des retours à la pente pour cette raison. Bien souvent l’aile est tout à fait volable avec une clé ou même une petite cravate. Mais au lieu de calmement s’éloigner du relief, le pilote lorsqu’il remarque le problème se focalise dessus. Il en oublie des fondamentaux de pilotage tel que regarder et maintenir son cap.
D’une manière générale, ne paniquez pas. Prenez un cap qui vous éloigne du relief. Une fois assez loin, tentez de défaire la clé en tirant sur les suspentes concernées. Pour les clés en bout d’ailes ou les cravates, faites une oreille. Et si ça ne part pas, c’est que ça restera jusqu’en bas…
Toujours pas de panique. Prenez gentiment la direction de l’atterrissage. Faites des virages larges et compensez le plus possible à la sellette.

     

Conclusion

Voler n’est dangereux que près du sol. Et c’est bien le problème du décollage, les choses vont vite et le sol est proche. La plupart des erreurs peuvent-être corrigées en pente école. Or bien souvent quand on vole, on ne retourne pas en pente école. Offrez-vous une séance avec un moniteur. Voyez cela comme un recyclage annuel. Le problème d’une pratique autonome est qu’on peaufine aussi  bien ses qualités que ses défauts. Un œil extérieur mettra le doigt sur les erreurs à corriger.
Et comme nous l’avons écrit plus haut… De la douceur et pas de stress.

  Decollage parapente à Passy
     
Ecrit par Laurent Van Hille
www.leschoucas.com

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