Descendre en parapente
 

Introduction

Il y a quelques années, j’avais un biplace à faire avec une amie. On avait remis plusieurs fois le vol. Et bien que les nuages soient très menaçants toute l’après-midi, j’étais persuadé que les conditions allaient évoluer en notre faveur.

Et vers 17 h 00, nous sommes montés au décollage de Mieussy pour voler. Nous sommes monté à pied. Trouvant les conditions idéales le long du chemin de montée, nous nous sommes arrêtés pour installer la voile. Devant le décollage, le ciel était bleu. Derrière au loin, on voyait quelques cirrus haut dans le ciel. Le reste était caché par les sommets alentours. 
Après quelques minutes d’attente, nous avons décollé. Le variomètre s’est directement mis à ‘biper’, me faisant comprendre qu’un élément devait avoir manqué à mon analyse. En contournant le décollage, j’ai pu voir le fond de vallée. Les cirrus étaient en fait la nimbe de deux cumulonimbus qui avaient ‘soudé’. Un rideau de pluie se dirigeait droit vers nous.

 

Biplace parapente takoo 2 niviuk

     

Le Môle vallée de l'Arve et du Giffre

 

Je me suis directement mis aux oreilles, mais nous continuions à monter. La passagère n’était pas à l’aise. Pas à cause des éléments, mais parce que voler ne lui convenait pas du tout. Donc, méthodes de descente rapide ‘extrêmes’ en dernier recours.

Fuir. J’ai fui sous le vent d’une crête. Nous sommes alors descendu assez rapidement pour nous poser sur un atterrissage de fortune. 
Cinq petites minutes plus tard, il y avait des rafales à 50 km/h et des grelons nous martelaient  la tête.

Cette petite histoire, malheureusement vraie, prouve qu’il est facile de se faire piéger par l’élément et que seule l’expérience (et une part de chance) nous permettent de tirer notre épingle du jeu.

Voilà pourquoi il est important de maîtriser les méthodes de descente.

     
Courage fuyons

La méthode la plus efficace est presque systématiquement oubliée. Fuir la masse d’air montante est pourtant bien plus efficace de s’acharner à descendre avec nos faibles moyens. 
Mais pour pouvoir fuir, il faut savoir dans quelle direction. Et donc il faut connaître l’origine de l’ascendance. 
Si c’est thermique, il faut savoir d’où vient ce thermique et quelle est sa dérive. 
Si c’est dynamique, il faut fuir vers l’avant en oubliant pas que plus on est bas, moins le vent est fort (en général). 
Et si c’est un phénomène plus vaste, comme un front, il faut aller se réfugier là où ça monte le moins. On part vent dans le dos pour s’éloigner du front. 
Chaque cas est unique. Ne vous jetez pas non plus au taquet dans la première falaise qui vient sous prétexte que le front vient en face de vous.

  Nuage
     
Les méthodes de descente
     
parapente oreilles   Les oreilles

Tout le monde sait faire les oreilles. Et si vous ne savez pas, eh bien il faut vite apprendre. 
Les oreilles, c’est une technique de descente rapide qui a comme avantage de diminuer la surface de voilure, mais surtout d’augmenter la traînée. En augmentant la traînée, on stabilise l’aile en tangage. 
Malheureusement, il y a des revers à la médaille. Une traînée trop importante peut induire un décrochage de l’aile. Ne paniquez pas, peu de voiles ont ce type de comportement. Néanmoins, voici quelques trucs pour éviter les mauvaises surprises : 

- Tirez ou relâchez une oreille à la fois. Cela évite les
modifications de surface (et surtout d’incidence) trop importantes
 
- Ne commencez pas directement par faire les grandes oreilles. 

- Couplez les oreilles à l’accélérateur, la voile est ainsi plus piqueuse et s’éloigne des angles de décrochage. 

Et puis une aile aux oreilles est moins stable en roulis. Soyez doux dans votre pilotage sellette. Surtout si vous êtes près du sol.

     
Oreilles et accélérateur

Comme il est dit plus haut, la voile est plus piqueuse à l’accélérateur. Son incidence s’éloigne des angles de décrochage. De plus, la voile étant plus piqueuse, elle a tendance à descendre plus vite.

Le tout en tournant

Faire les oreilles et tourner a pour effet d’augmenter sensiblement le taux de chute. L’explication est simple : la voile se met en glissade sur le côté. 
Seule petite attention à avoir : une sortie douce. L’instabilité en roulis étant relativement importante.

  Parapente mont blanc
     
Décrochage aux B en parapente   Les autres techniques

Les ‘B’ : techniquement c’est simple, il suffit de prendre les deux élévateurs ‘B’ et de tirer jusqu’au décrochage de l’aile. Mais cette technique est d’une part relativement impressionnante et d’autre part assez physique. Le taux de chute est relativement important, mais la voile n’est pas dirigeable. 

Les 360° engagés : mettre l’aile en 360° n’est pas forcément facile. Mais le plus difficile, c’est de gérer la sortie. Alors un petit conseil. Pour sortir d’un 360 engagé, descendez la main extérieure en dessous des épaules jusqu’à ce que la centrifugeuse calme le jeu. Ensuite sortez tranquillement en levant les deux mains et en vous préparant à contrer l’abattée.

     

Anticiper les conditions au sol

Ce n’est pas parce que vous vous rapprochez du sol que vous êtes sortis d’affaire. Si les conditions sont fortes en l’air, elles risquent d’être fortes au sol. Alors anticipez au maximum l’atterrissage. Préférez le champ grand et dégagé que l’atterrissage officiel si nécessaire. 
Et ne considérez le vol fini qu’une fois la voile dans le sac ou hors d’état de nuire.

L'analyse est mieux que les oreilles

Je sais, c’est super bateau comme phrase, mais l’analyse avant le décollage peut souvent éviter de grosses frayeurs. Il suffit de prendre un peu de temps chaque jour pour lire le ciel. 
Profitez-en pour lire l’article sur l’analyse pré vol.

  Poser en parapente atterrissage
     
Ecrit par Laurent Van Hille
www.leschoucas.com

Version PDF... bientôt